mardi 16 septembre 2008

Les 10 types de sujet au bac philosophie

 Les sujets qui invitent à construire une définition.
Exemple : Qu’est-ce qu’une évidence ?
Il s’agit dans ces sujets, d’une problématique relative à l’essence. Au terme d’une problématique (les deux premières parties), vous devez répondre à la question en troisième partie, c’est-à-dire donner une définition univoque. S’il n’y a pas de définition possible, il faut expliquer pourquoi. La première tâche consiste à transformer la question en problème. Pour cela, il faut partir d’une définition immédiate, non réfléchie.
Exemple : est évident ce qui me paraît indubitable, ce dont je ne peux pas douter. Puis soulever une objection : mais ce qui me paraît indubitable peut être faux, ne serait-ce que parce que j’oublie des raisons de douter. D’où le problème : comment distinguer l’évidence de la pseudo-évidence ? Y a-t-il un critère d’évidence ? Y a-t-il une évidence de l’évidence ?

 Les questions qui commencent par « Peut-on ».
« Peut-on » a deux sens possibles : Est-il possible effectivement ? et A-t-on le droit ?
Suivant les sujets, la problématique différera.
Exemple : Peut-on tout dire ? signifie « A-t-on le droit de tout dire ? »
Autre exemple : Peut-on parler pour ne rien dire ? signifie « Est-il possible de parler pour ne rien dire ? »
Répondre à la question en troisième partie au terme d’une problématique.

 Les questions qui commencent par « Pourquoi ».
« Pourquoi a deux sens possibles : Pour quelles raisons ? et Dans quel but ?
Deux types de problématiques donc : l’une relative à la causalité, voire au fondement ; l’autre à la finalité.
Exemple de sujet : Pourquoi parle-t-on ? Problématique relative à la finalité.
Autre exemple : Pourquoi obéit-on aux lois ? Problématique relative à la causalité, aux fondements. En l’absence de lois, c’est la loi du plus fort qui s’impose. L’une des raisons de la loi, c’est de protéger les faibles. Une autre raison est de permettre la coexistence d’être libres.

 Les sujets qui commencent par « Faut-il ».
« Faut-il » a trois sens : Est-il nécessaire ? (nécessité objective et subjective), A-t-on raison ? (est-ce rationnel, est-ce raisonnable ?) et Est-ce un devoir ?
Trois sortes de problématiques donc : l’une relative à la nécessité ; la deuxième relative à la raison ; la troisième relative au devoir.
Exemple de sujet : Faut-il n’admettre comme vrai que ce qui peut être prouvé ? Problématique relative à la nécessité.
Autre exemple : Faut-il laisser une place à la fantaisie dans la conduite de la vie ? Problématique relative à la raison.
Dernier exemple : Faut-il toujours dire la vérité ? Problématique au devoir.

 Les sujets qui commencent par « Existe-t-il ».
Exemple : L’inconscient existe-t-il ?
Ce type de sujet vous demande de réfléchir sur le rapport entre un concept et l’existence effective de la chose qui y correspond. L’inconscient, par exemple, a été défini par Freud. Ce dernier en prouve l’existence. Dans la première partie, on définira l’inconscient et on exposera les preuves de Freud. En deuxième partie, on mènera la critique de ces preuves. En troisième partie, on tranchera.

 Les sujets qui mettent deux notions en parallèle.
Exemple : Savoir et croire.
On développera d’abord les rapports d’opposition entre les deux notions. Puis on montrera que les choses sont plus complexes (il n’y a pas de savoir sans croyance). En troisième partie, on essaiera de préciser au mieux les véritables rapports entre le savoir et la croyance (liens d’interdépendance).
Fais attention : l’ordre des notions est important. Le sujet savoir et croire diffère du sujet croire et savoir. Dans l’un, on vous demande de définir le savoir par rapport à la croyance. Dans l’autre, la croyance par rapport au savoir.
On peut parfois essayer d’envisager les rapports d’infériorité ou de supériorité.
Exemple : le beau naturel et le beau artistique. On peut poser la question : le beau naturel est-il supérieur au beau artistique.
Exemple de plan : thèse (le beau naturel est supérieur au beau artistique), antithèse (le beau artistique est supérieur au beau naturel), synthèse (il n’y a de beauté qu’artistique).

 Les sujets sous forme de proposition.
Exemple : L’homme a-t-il une nature ?
Ce genre de sujet appelle un plan dialectique : thèse, antithèse, synthèse. En enlevant le point d’interrogation, on obtient la thèse : l’homme a une nature. Il s’agit de trouver la contradictoire : l’homme n’a pas de nature, il a une culture. On développera d’abord la thèse proposée par le sujet, puis la thèse opposée. On tranchera en troisième partie. Le même sujet peut se présenter sous forme d’alternative.
Exemple : L’art est-il imitation ou création.
Ici la thèse et la contradictoire vous sont données.

 Les sujets qui mettent jeu plusieurs notions du programme.
Exemple : La politique est-elle affaire de technique ?
On a ici deux notions du programme : la politique et la technique, mais le sujet vous demande de vous interroger essentiellement sur la politique.
Exemple de problématique : La politique est-elle affaire de technique ou de morale ?
Plan possible : la politique est affaire de technique, référence à Machiavel ; la politique est affaire de morale, référence à Platon ; la politique est le pratique du droit qui a pour tâche de rendre possible la coexistence d’êtres libres, référence à Kant.

 Les sujets sous forme de citation.
Exemple : Que pensez-vous de cette réflexion de Rousseau : « la liberté est l »obéissance à la loi qu’on s’est prescrite » ?
Un tel sujet ne peut être traité si tu ignores tout de la thèse de Rousseau. En première partie, il s’agit de développer la thèse de l’auteur dans son apparence immédiate. Dans une deuxième partie, on tentera de problématiser (objections, thèse opposée). Dans une troisième partie, on montrera, la plupart du temps, en quel sens la thèse de l’auteur est vraie.

 Les questions, triviales ou atypiques, apparemment sans lien avec le programme.
Exemple : Demain le soleil se lèvera. Qu’en pensez-vous ?
Sujet déroutant pour le candidat qui ne sait pas que cette proposition est extraite d’une œuvre de Hume : la proposition Demain le soleil se lèvera n’est pas évidente par elle-même (le contraire est un fait inconcevable). Les vérités des faits sont uniquement constatées par l’expérience. Le problème posé est donc celui de la connaissance. Dire « demain », c’est aller au-delà de ce qui est donné dans une expérience.
D’où la problématique : la connaissance dérive-t-elle entièrement de l’expérience ? Jusqu’à quel point peut-elle s’affranchir de l’expérience ? La connaissance de Hume et de Kant est ici requise.

2 commentaires:

LadyLao a dit…

super merci :)

maphilosophie.fr a dit…

Merci. Je me suis inspiré de votre travail pour créer ce document pour mes élèves : https://docs.google.com/document/d/1yF9I2bKd6eMWHhjc9c1aLSvxJGeDGDd-d8vQtzEuOTc/edit?usp=sharing